Présidente et fondatrice, ATMA classique

Diplômée de l’Université de Montréal (interprétation piano) et du Conservatoire de Musique du Québec (Ondes Martenot), Johanne Goyette a œuvré pendant 14 ans comme réalisatrice aux émissions musicales de la Chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada. Elle se spécialise par la suite en enregistrement sonore (McGill,  Sound Recording Master Degree) et fonde en 1994 la maison de disques ATMA Classique.

Distribué dans 25 pays et présent sur toutes les plates-formes numériques, le catalogue ATMA comprend plus de 500 titres. Le répertoire s’étend de la musique médiévale à la musique contemporaine, en passant par le tango, la musique traditionnelle et la musique baroque.

Johanne Goyette partage son temps entre la production, la gestion de la compagnie et la planification artistique. Elle est reconnue pour son flair, son style de production fait la marque de commerce d’ATMA. En 2015, elle reçoit le Prix Hommage du Conseil Québécois de la musique.

Questions et réponses
Dans quelle ville habitez-vous?
Montréal
Quelle est votre principale activité musicale professionnelle actuellement ?
Productrice de d’enregistrements sonores et présidente de Disques ATMA
En plus de votre activité principale, dans quelles autres activités musicales êtes-vous actuellement impliqué(e) ?
Chanter des berceuses à mes petits enfants !
Dans quelles autres activités musicales avez-vous été impliqué(e) dans le passé, et dans lesquelles vous ne l’êtes plus ?
> J’ai été ondiste (Ondes Martenot) de 1976 à 1990 (Ensemble d’Ondes de Montréal et occasionnellement soliste avec orchestre.
Où avez-vous fait vos études musicales ?
Université de Montréal – Faculté de Musique – Bac en interprétation piano
Conservatoire de musique du Québec à Montréal – Premier Prix Ondes Martenot
Université McGill, ‘Sound Recording’ – scolarité de maîtrise
Qui ont été vos professeurs les plus importants ou significatifs, et qu’est-ce qui les rendait importants pour vous ?
Antonio Reboulot (piano Université de Montréal) : plus qu’un professeur de piano, un prof de musique. Le son avant tout, le style. Peu de technique, il voyait bien (malgré sa cécité !) que cela ne mènerait nulle part avec moi. Je lui en suis encore redevable.
Jean Laurendeau (Ondes Martenot, Conservatoire de musique du Qc) : importance de la détente et de la respiration dans l’expression musicale
Wieslaw Woszczyk : directeur du programme de Sound Recording. Son enseignement était très simple, il nous amenait à prendre conscience de notre perception sonore. Faire confiance à l’intuition.
Aussi l’ambiance générale de la Faculté de musique, au tournant des années ’70. Le Jazz, la musique nouvelle, les discussions enflammées durant les cours d’histoire, même les cours d’harmonie étaient passionnants. C’était un milieu stimulant et créatif qui m’habite toujours. Merci Luce Beaudet, Robert Léonard, Massimo Rossi, Djuka Smoje…
Quels musiciens admirez-vous particulièrement, et pourquoi ?
J’admire les musiciens que j’enregistre. J’essaie de leur permettre d’aller au bout de ce qu’ils peuvent faire. Comme mon travail demande énormément de temps d’écoute, une fois terminé, j’aime le silence et j’écoute très peu de musique.
Avez-vous déjà vécu une affection physique (maladie ou accident) qui a affecté votre habileté à faire de la musique ? Si oui, comment y avez-vous réagi dans votre parcours professionnel ?
Avec l’âge l’audition perd de son acuité. Il ne faut pas le nier, plutôt observer et comprendre ce qui manque. L’expérience compense. Mon travail de réalisation consiste pour beaucoup à se concentrer sur des éléments particuliers, percevoir les détails, la justesse, le naturel. Je m’entoure aussi de jeunes oreilles.
Pouvez-vous identifier un âge ou une période de votre vie où vous avez décidé de vous diriger en musique ?
Depuis toujours. Enfant, les ‘bonnes sœurs’ m’ont enseigné le piano (ainsi que le solfège, le chant et tout et tout), c’était du sérieux à l’époque. Après un détour en littérature, j’ai étudié la musique à temps plein. Le piano puis la piqûre des ondes Martenot. Quelques engagements professionnels comme ondiste et le reste s’est enchaîné, de la réalisation radiophonique, à l’enregistrement sonore, à la création de l’étiquette de disques. Le fil conducteur est la matière sonore, j’aime le son, l’écoute, la reproduction sonore. Le travail de réalisatrice-productrice me permet de me sentir musicienne.
Quel est le principal défi que vous avez rencontré dans votre carrière et comment l’avez-vous relevé ?
Mon travail de producteur a comme pendant les tâches de gestion. Les milieux d’affaires parlent un langage qu’il faut apprivoiser, j’ai appris ‘sur le tas’ mais une meilleure préparation en administration m’aurait évité bien des angoisses.
À votre avis, quelles sont les 3 compétences non musicales les plus essentielles au succès d’une carrière en arts ?
Le charisme est essentiel.
La gentillesse (!) aide beaucoup. Entre deux musiciens à potentiel égal, le choix d’un producteur se portera sur la personne avec qui les contacts sont agréables.
Savoir gérer la limite entre le perfectionnisme et l’entêtement : voir devant plutôt que de garder le focus sur des détails sans importance – tout en soignant ces détails, un équilibre précaire !
Qu’est-ce qui vous motive à persévérer ?
C’est le seul choix…
Quel est le besoin le plus criant du milieu actuellement, et comment aimeriez-vous y remédier ?
Un public qui accepte de payer pour le travail des artistes. Les concerts gratuits autant que l’accès au téléchargement gratuit envoient un message contreproductif.
Si vous aviez un seul conseil à donner à un aspirant musicien, quel serait-il ?
Diversifier ses expériences, la carrière de musicien implique souvent des aptitudes multiples. Un peu d’administration, le sens des médias et des communications, une vision claire de ce que l’on peut/veut apporter et… foncer.